Comment bien calculer la valeur d’une entreprise ?

Comment bien calculer la valeur d’une entreprise ?


En général, lorsqu’un chef d’entreprise souhaite céder son affaire, il fixe son prix de vente en fonction du chiffre d’affaires. Grave erreur ! Pour un professionnel de la transaction de commerces et d’entreprises, la valeur d’une entreprise est le fruit d’un calcul plus complet… qui fait intervenir des outils bien plus complexes ! Explications.

Vous êtes commerçant, artisan ou patron d’une société de services ? Vous souhaitez céder votre affaire ? Comme la plupart des chefs d’entreprises, votre premier réflexe sera de fixer le prix de vente à partir de votre chiffre d’affaires annuel. Gare ! Votre CA ne dit pas grand-chose sur la valeur réelle de votre entreprise. Pour la calculer, il existe des outils plus fiables et (beaucoup) plus complexes.

« La valeur d’une entreprise se mesure avec l’ensemble de sa comptabilité, notamment le bilan et le compte de résultat, qui dressent la carte d’identité de l’entreprise dans tous ses aspects : financiers, patrimoniaux et de rentabilité, explique Bruno BENATTAR, chargé d’affaires chez PROCOMM Océan Indien. Le CA ne dit rien. Il faut plutôt partir de l’excédent brut d’exploitation car lui prend en compte l’ensemble des flux financiers qui affectent l’entreprise. Il donne donc une indication fiable de la bonne ou de la mauvaise santé de l’affaire ».

Concrètement, l’excédent brut d’exploitation (EBE) prend en compte le CA auquel on enlève toutes les charges (salaires, achats, impôts et taxes…) et auquel on ajoute les éventuelles subventions d’exploitation et les dotations aux amortissements. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le vendeur n’est pas forcément perdant lorsqu’il intègre tous ces flux financiers.

« Prenons par exemple le cas d’un chef d’entreprise qui réalise un CA annuel de 150 000 euros mais dont le dernier bilan comptable affiche un EBE de 60 000 euros, reprend Bruno BENATTAR. Lui, sera tenté de fixer son prix de vente à 150 000 euros. Pour nous, le prix de vente sera égal à l’EBE des trois dernières années ou, si l’entreprise est plus récente, au dernier EBE multiplié par trois ; soit, dans notre exemple, 180 000 euros ! »

Bien sûr, cet EBE valorisé peut parfois être moins élevé qu’avec le seul chiffre d’affaires. Mais c’est pourtant bien lui qui détermine la valeur vénale de l’entreprise. Et donc son « juste prix », c’est-à-dire le prix maximum qui permet de vendre. En outre, ce chiffre de départ est pondéré par différents paramètres qui relèvent du patrimoine (mobilier, implantation, positionnement sur le marché), du rendement de l’affaire (ou de son potentiel de développement) et d’un diagnostic précis de ses forces et faiblesses.

Voilà pourquoi certaines affaires valorisées avec le seul CA restent longtemps en vente et ne se vendent parfois jamais, alors qu’une autre entreprise valorisée en tenant compte de tous ses aspects trouve plus rapidement un repreneur. CQFD !